Il y a un bruit que l'on n'entend pas tout de suite. Un bruit intérieur, constant, qui s'installe si progressivement qu'on finit par le confondre avec la normalité. Les pensées qui tournent. Les questions sans réponse. L'agitation qui ne s'arrête jamais vraiment, même quand le corps est au repos.
C'est ce bruit-là que j'ai découvert quand tout s'est effondré.
Pendant des années, je m'étais distrait de moi-même sans le savoir. En donnant, en portant, en m'occupant des autres, je ne m'étais jamais vraiment assis avec moi-même. Le silence me faisait peur sans que je l'admette. Parce que dans le silence, on s'entend. Et s'entendre demande du courage.
Retrouver le silence intérieur n'est pas une question de méthode. Ce n'est pas une application de méditation, une technique de respiration ou un rituel bien huilé. Ce sont des choses utiles, certes. Mais elles ne sont que des portes. Ce qui compte, c'est ce que l'on fait une fois qu'on a franchi le seuil.
Pour moi, le silence est revenu par la nature. Par les promenades sans destination. Par les matins où je regardais le ciel sans chercher à y lire quelque chose. Par les moments où je posais simplement les mains sur la Terre et je laissais quelque chose se déposer en moi.
Le silence intérieur ne signifie pas l'absence de pensées. Cela signifie ne plus être emporté par elles. Les regarder passer sans leur obéir. Exister dans l'espace entre deux pensées, si bref soit-il.
C'est dans cet espace que j'ai commencé à me retrouver.
Pas dans les grandes révélations. Pas dans les moments dramatiques. Dans le calme. Dans le rien. Dans ce silence que l'on croit vide et qui est, en réalité, plein de tout ce que l'on est vraiment.
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