Il y a des périodes dans une vie où l'on perd accès à ce que l'on est le plus profondément. Pas de façon visible. Pas de façon dramatique. Simplement, quelque chose se tait.
C'est ce que j'appelle l'endormissement des dons.
Les dons spirituels ne sont pas des acquis définitifs. Ce ne sont pas des capacités que l'on possède une fois pour toutes et qui restent là, disponibles quoi qu'il arrive. Ce sont des capacités vivantes, qui ont besoin d'être nourries, honorées, pratiquées. Comme une plante, un don a besoin d'un terrain fertile pour s'épanouir. Et quand ce terrain est épuisé, il s'assoupit.
Dans mon cas, c'est l'épuisement qui a tout éteint. Des années à donner sans recevoir, à porter sans déposer, à m'oublier pour exister dans le regard de l'autre. Jusqu'à ce que je ne sente plus rien. Plus de connexion à la Terre. Plus de dialogue avec la Lune. Plus de cette clarté intérieure qui guidait mes pas.
Ce silence a été l'une des épreuves les plus dures. Parce qu'on ne sait pas si c'est provisoire. On se demande si l'on a perdu quelque chose pour toujours.
Mais les dons ne meurent pas. Ils attendent.
Ce que j'ai compris, c'est que leur retour ne passe pas par la volonté seule. On ne réveille pas ses dons en les forçant. On les réveille en prenant soin de soi. En retrouvant son centre. En choisissant, jour après jour, de revenir à ce qui est essentiel.
Le chemin du retour est moins un apprentissage qu'un rappel. On ne réapprend pas qui l'on est. On se souvient.
Et cette mémoire là, personne ne peut nous l'enlever.
Commentaires
Soyez le premier à partager votre ressenti sur cet article.
Laisser un commentaire
✦ Votre commentaire sera publié après modération.